Ce que les 2ndes ont pensé du « Ventre de l’Atlantique »

On vous avait fait partager les avis des élèves de 1ère sur le livre de Fatou Diome, « Le Ventre de l’Atlantique », qui fait partie de nos séries disponibles à la bibliothèque. Voici à présent ce qu’en ont pensé les élèves de 2nde, également inspirés par ce roman qui a fait date et qui les a interpellés.

« Cette œuvre nous rappelle un peu notre enfance. Lorsque nous avions des rêves que personne ne pouvait arrêter, et qui nous donnaient la conviction d’être invincible face à la société. Cependant, lorsqu’on entre dans le monde des adultes, les rêves que nous avions petits s’éloignent et nous subissons un gros choc dû à la réalité.

Mes personnages préférés sont le Professeur Ndétare, je trouve que c’est l’homme le plus sage du village. Il n’a pas d’enfant, mais malgré cela, il représente une figure paternelle pour tous les enfants de Niodor, contrairement aux autres adultes qui ne se soucient de leurs enfants que pour le statut, la fortune et le mariage. La grand-mère de Salie me plaît également beaucoup, elle est aimante et elle a su éduquer sa petite-fille lorsque sa fille l’a abandonné. Je pense que ces personnages sont les plus ouverts et les plus bienveillants, ils ont aidé la narratrice à devenir une personne forte et instruite. »

Priscillia Amirali

« De nombreux migrants considèrent l’Europe comme une terre promise où coulent le lait et le miel. Cependant, lorsqu’ils sont au contact de la réalité de l’Europe, ils se trouvent confrontés à une vie de clandestin, des menaces d’expulsion et du racisme ; leur rêve prend alors un goût très amer. La scène qui nous a le plus marqué est celle où Salie, la sœur de Madické qui veut devenir un footballeur célèbre et très riche, lui envoie une somme d’argent. Elle lui laisse deux possibilités, à savoir acheter un billet d’avion pour la France ou investir cet argent au Sénégal. Notre jeune héros a opté pour la deuxième possibilité, celle de rester en Afrique où il va essayer d’ouvrir une petite boutique pour se faire de l’argent. Cette possibilité est à notre humble avis le meilleur choix, que tous les migrants devraient garder à l’esprit : rester chez et trouver des solutions locales pour faire développer son pays. »

Constandinos Tsavalos

« Les scènes qui m’ont le plus marqué sont le comportement abusif du marabout envers la jeune narratrice et l’arrivée de cette dernière à M’bour. Certains marabouts ont la mauvaise habitude de profiter du malheur des autres afin d’abuser d’eux. Quant à la ségrégation, on se rend compte qu’elle n’existe pas uniquement entre différentes communautés, mais également au sein d’une même communauté. On le voit lorsque les réceptionnistes à l’hôtel de M’bour, qui avaient pour habitude de recevoir des touristes. Ils n’ont accordé de l’importance à la narratrice que lorsqu’ils ont compris qu’elle résidait en France. Cette scène m’a interpellé, car, de nos jours, le respect dépend très souvent de l’argent, et, pour ces réceptionnistes, tous ceux qui viennent de l’Europe sont riches. »

Laël Katumbi

« J’ai aimé ce livre où Fatou Diome montre avec brio la dure condition des immigrés africains. Mêlant humour, passion et nostalgie, c’est un vrai bonheur à lire. Si ses récits sur le football sont un peu longs, on peut survoler ! Cela n’enlève rien au texte. En plus, tous ces passages sur le football s’avèrent indispensables pour bien saisir le contexte. Mon personnage préféré est celui de Salie qui a fait preuve de courage et de bravoure pour atteindre ses objectifs, elle a dû faire face aussi à des regards condescendants au sein de cette société qui rabaisse constamment les femmes.

Fatou Diome trouve dans ce livre les mots et les histoires justes pour démontrer à qui veut l’entendre qu’une infime partie d’immigrants arrivent à bien s’en sortir. Cela reste donc possible, mais, en revanche, la majorité échoue souvent de manière dramatique dans leur quête de l’idéal européen et cela presque constamment au prix d’un gâchis humain inestimable. Elle met aussi en lumière de manière cocasse certaines difficultés d’intégration qu’on peut rencontrer en tant qu’immigré. »

Evodie Kapalang

Le 31 mai 2002 : le jour où le lion sénégalais a croqué le coq gaulois, selon l’expression de l’article du « Monde »

« Quel bonheur et fierté de voir Fatou Diome, une si jeune autrice, manier aussi bien la langue de Molière. Ce livre est un régal aussi bien pour l’aspirant à l’immigration, pour l’immigré que pour celui qui voit l’immigré débarquer chez lui. »

L’Or-Bénitha Kikwaya Kasoki

« Je pense que ce livre permet de se rendre compte de la réalité de la migration. Certaines familles accordent tellement d’importance à voir leurs enfants quitter le pays qu’elles n’hésitent pas à le faire clandestinement. Les médias ont eux aussi un rôle à jouer dans cette course pour l’Eldorado où l’on ne voit que des européens et des américains très fortunés, et, de l’autre côté, une Afrique qui croule sous la pauvreté, la malnutrition et j’en passe. Cette image contrastée pousse les jeunes à rapidement faire leur choix : rester équivaut à une vie misérable alors que quitter le pays assure un avenir. »

Ben Simon Atchoglo

« Le livre éteint les rêves de beaucoup d’Africains, mais il leur ouvre les yeux. De nombreux Africains pensent que l’Europe est un paradis sur terre, que tout est possible là-bas, alors que pourtant rien n’est facile en Occident. Pour certains d’entre eux, ça en devient une telle obsession qu’ils émigrent en Europe, mais malheureusement pour eux, leur « paradis » devient rapidement un enfer. Personnellement, les personnages que j’affectionne beaucoup sont la grand-mère de Salie que l’auteur a présenté comme une femme exemplaire et attentionnée, ainsi que M. Ndétare que je trouve sage et irréprochable, surtout quand on connaît son histoire. »

Mervi Ngenda

« Dans ce livre, Salie a eu du mal à faire comprendre aux siens que cette France mythique vers laquelle partaient tous les regards ne valait pas leur petit coin de Terre, Niodior, petite île où elle est née. Au tout début, je n’aimais pas vraiment le livre, car il ne parlait que de foot, et il fallait que je recherche toutes les références que je ne comprenais pas. Maintenant, je le trouve très profond vis-à-vis d’une triste réalité qui concerne tout le continent africain. »

Sophia Nduwa

« Très beau livre, une vraie voix, une écriture qui fait que l’on émerge après quelques heures en regrettant que ce soit déjà fini. » Ruben Padeiro

Couverture de la traduction anglaise, publiée chez Serpent’s Tail en 2006, traduit par Lulu Norman et Ros Schwartz

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